Il n'est pas encore minuit...
Production · Dance production
Image credit: © Pompéi © Mikha Wajnrych
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Production · Dance production
Il n'est pas encore minuit...
Dans son nouveau spectacle, la cie XY continue d'explorer le langage des portés acrobatiques développé dans Le Grand C (La Piste aux espoirs 2011) qui les a rendue célèbre dans le monde entier. La compagnie prolonge sa démarche d'oeuvre collective en travaillant ici la matière physique sur les concepts de la foule, de masse et d'îlots, du “porter” et “être porté”, de “l'être ensemble”, de l'envol et de la chute. Un jeu de construction et déconstruction, composant et recomposant des formes comme un tableau vivant. Écrit à 22, avec la complicité de Loïc Touzé, Il n'est pas encore minuit… ouvre de nouvelles voies grâce aux objets tels la bascule, les “planches sauteuses”, au Lyndi Hop, danse des années 20 à Harlem, pour le lâcher prise, la liberté. Leur slogan : affirmer le collectif, la prouesse, l'écoute et la confiance des corps comme un acte de résistance joyeux et poétique. Ils offrent et on prend volontiers. Il y a cet instant fugace et hautement jouissif où l'on prend conscience qu'on vient de voler du temps au temps, qu'on a réussi ensemble, sinon à s'en abstraire, du moins à s'en détacher. Si l'on se demande encore pourquoi l'acrobate est acrobate, alors on retiendra qu'il est une parfaite métaphore de cette prouesse. Et sitôt que l'on prend conscience de cet instant, on mesure à nouveau que le temps nous a déjà rattrapé et même devancé… En tout lieu et en tout temps nous avançons en vue de connaître l'ivresse des forces ascendantes, l'état d'apesanteur puis l'inéluctable chute. Pour l'acrobate, ce processus est à l'œuvre au quotidien, à chaque moment de la répétition ou du spectacle et lui fait entretenir un tout autre rapport à la victoire. Là où la réussite devient la promesse d'un échec et l'échec la promesse d'un bonheur. A bien y regarder on mesure à quel point il s'agit d'un cycle naturel qui peut être reproduit quasi à l'infini tel un ensemble de points portés sur une même ligne. Et pourvu que l'on ait toujours quelqu'un à ses côtés pour vous envoyer en l'air et vous rattraper. C'est à cet endroit que la dimension du faire et du vivre ensemble prend toute sa dimension. De l'aptitude des corps en mouvement, il ressort finalement moins une prouesse qu'une grande humilité face à leur humaine condition et leur capacité à en repousser les limites. « Il n'est pas encore minuit… », spectacle de l'équilibre et de la perfection devient ainsi celui du déséquilibre et de la précarité. En assumant une multiplicité des regards et des points de vue qui s'affranchissent de la quête du plus petit dénominateur commun pour la recherche permanente d'un équilibre entendu comme une succession de déséquilibres, les XY nous livrent une ode à l'humanité brinquebalante et imparfaite. Comme une urgence à construire ensemble, à jouir de l'instant présent et à se préserver sans incompatibilité aucune. Comme un appel à rester à l'écoute, vigilants et bienveillants les uns envers les autres. souce: http://ciexy.com/
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