Quando l'uomo principale è una donna
Production · Dance production
Image credit: © Pompéi © Mikha Wajnrych
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Quando l'uomo principale è una donna
"Quando l'uomo principale è una donna s'inspire des femmes-pinceaux ou performances anthropométriques d'Yves Klein. Or, contrairement à ceux de Klein qui sont souvent dénués de toute expression, les « tableaux » de Fabre ont non seulement un visage éloquent, mais aussi une odeur obstinée. L'interprète évolue sous un dôme de bouteilles d'où s'échappe de l'huile d'olive, d'abord au compte-gouttes, puis par filets formant des flaques et transformant la scène en une véritable patinoire. Cette huile a des connotations à la fois médicinales, cosmétiques et chrétiennes. L'olivier symbolise la Mère-Terre, séculaire mais indestructible. Il est le baume du monde. Jadis, ses fruits servaient aussi de moyen de contraception. L'ambiguïté est donc une fois de plus au rendez-vous. Le leitmotiv musical est la célèbre chanson ""Volare"" (ohoh) de Domenico Modugno : un hommage à l'oeuvre de Klein, et en particulier à sa photo Leap into the Void. Pour Fabre, ce solo est une préparation rituelle au saut suprême qui nous reconduira au matriarcat. La force de ce solo réside dans les perpétuels glissements : celui de l'homme se transformant en femme, de l'être humain se changeant en animal, de la ligne droite se cintrant pour former un cercle, de la danseuse rampante se redressant, comme un arbre qui ne cesse de se ramifier, comme un cygne qui s'est autofécondé. Mais aussi celui de la douce brise se transformant soudain en un vent de tempête qui vient perturber l'ambiance estivale, typiquement italienne, qui règne sur la scène. Ou encore celui de l'interprète qui, tout à ses transformations rituelles, se glisse abruptement dans la peau d'une prestidigitatrice et d'une jongleuse. Tout en chantonnant, elle passe d'un sexe à l'autre, se transformant subrepticement en un être hermaphrodite, un ange asexué."