L'Assaut des cieux
Production · Spectacle de danse
Crédit de l'image: © Pompéi © Mikha Wajnrych
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Production · Spectacle de danse
L'Assaut des cieux
Que les cieux soient pris dans un sens matériel ou symbolique, ils constituent par excellence un objet de connaissance et de représentation qui se situe à la croisée des chemins scientifiques, philosophiques et religieux. Ils sont à la fois une énigme et une inspiration pour les hommes. Ils agissent sur eux de façon matérielle ou immatérielle, les font bouger, influent sur leurs humeurs, leurs couleurs, leur sexualité, les font rêver, chercher… L'Assaut des Cieux est une parabole sur la condition humaine, sa morosité et son désenchantement. Pourtant les hommes peuvent voler au-delà de leurs craintes et dépasser leurs limites. Ceux-là se lancent avec courage et audace à l'assaut des cieux. Ils cherchent à se mesurer aux Dieux. Tels des Don Quichotte, des Prométhée ou des Icare, ils deviennent des figures aussi héroïques que dérisoires qui tentent d'agir sur leur propre destinée. Quand les dieux sont partis et que les cieux sont vides, que reste-t-il aux hommes si ce n'est ce rêve obstiné de ne pas se résigner, de vouloir continuer ? Est-il de poésie plus grande que cette quête d'absolu alors même que la fin est inéluctable ? Macrocosmes de notre intériorité, éphémérides changeantes, berceaux de hiérophanies, les cieux continuent à être une énigme et une inspiration. On connaît l'existence des galaxies, des météorites, des éclairs, des divinités qui habitent ces espaces où le temps et la lumière ont leurs propres lois. L'aube, le zénith, le crépuscule, la nuit... Ces mouvements silencieux, irrationnels et béants qui font bouger les hommes et leurs corps, influencent leurs humeurs, leurs couleurs, leurs sexualités. L'homme n'a de cesse de vouloir comprendre, d'anticiper les mouvements du ciel pour s'en attirer la clémence. Mais également de le maîtriser et le dompter. Il en est ainsi de l'astronomie, de la météorologie et de l'évolution des sciences tendant vers toujours plus de connaissance et de rationalisation du monde extérieur. Dans ce spectacle de coloration baroque, les personnages se lancent dans la quête d'un absolu. Bien sûr, le dérisoire de l'entreprise ne manque pas d'affleurer. Tels Don Quichotte, Prométhée ou Icare, ils vont au-delà de leurs craintes et s'élèvent pour se mesurer aux Dieux. C'est une pièce qui met en lumière le désenchantement d'un monde et nous donne une lecture du présent. Peut-être celle d'une morosité ambiante devant une fin qui semble de plus en plus inéluctable, ou celle d'un rêve obstiné de survie. Comme une parabole sur la condition humaine. Les personnages se muent alors en héros, ceux qui ne se sont pas résignés, ceux qui tentent encore. Rien n'est plus poétique que les tentatives de l'homme pour continuer d'exister. Et si finalement les Cieux étaient vides? Restera le courage. Claudio Bernardo