primero-erscht
Production · Spectacle de danse
Crédit de l'image: © Pompéi © Mikha Wajnrych
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Production · Spectacle de danse
primero-erscht
On a tous une liste des « premières fois » : la première fois ` vélo sans l'aide de personne, la première fois que notre père nous a dit qu'on était trop vieux pour s'asseoir sur ses genoux, la première fois qu'on s'est fait prendre ` mentir, notre premier baiser... On garde cette liste sur nous – consciemment ou inconsciemment – et on compare nos expériences d'aujourd'hui avec cet inventaire. Ce faisant, on a souvent l'impression que le présent est plutôt terne : rien ne vaut l'intensité et l'éclat de la première expérience. Laisser notre enfance derrière nous, c'est apprendre ` remettre nos expériences dans leur contexte. C'est se rendre compte que d'autres personnes ont vécu et vivent encore la même chose. Cette découverte apporte un certain soulagement, une expérience d'appartenance et de continuité, mais elle laisse aussi un arrière-goût désagréable : la destruction de notre singularité, de notre omnipotence et de nos possibilités infinies. Le contexte, ce « système » plus large qui nous permet de nous intégrer, est rassurant mais ressemble, dans le même temps, ` une prison. « L'enfance est un pays, une mémoire inventée ». Certaines images de notre enfance ne s'effacent jamais. Du moins, c'est ce que l'on croit. Notre mémoire est sélective, manipulatrice et délicat. Les fictions sont créées, les faits altérés, les scenarii constamment réécrits... Oublier les mauvais souvenirs et se rappeler les bons est un réflexe de survie. Même nos pires expériences se colorent d'une certaine nostalgie au fil du temps parce qu'elles ont fait et expliquent qui et ce que nous sommes. Nous sommes tous originaires du Pays imaginaire, on a tous un Peter Pan ` l'intérieur de nous. Dans primero, les cinq artistes se retrouvent sur une pelouse verte entourés de vieux mobilier, comme sur un terrain de jeu pour enfants, comme dans le salon de nos souvenir. Ils revisitent le pays des premières fois : des premiers pas et des premières chutes aux premiers jeux gagnés et perdus, en passant par les premières joies et les premières peines. Etant donné ses racines juives, Lisi Estaras établit un lien très fort entre le klezmer et les souvenirs d'enfance. Le compositeur et clarinettiste Yom s'est inspiré de cette tradition musicale pour composer la musique de primero.
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