La Tristeza Complice - Extrait
Auteurs: Alain Platel
La Tristeza Complice (1995) met en scène différentes figures souvent burlesques qui évoquent des personnages de la rue. Comme chez Pina Bausch, grande inspiratrice de Platel, l’incarnation du réalisme fait irruption sur scène, déjouant ainsi toutes les conventions habituelles du spectacle vivant et marquant durablement l’imaginaire des spectateur·trice·s. La pièce se construit par éclatements à travers une multitude de saynètes et évolue entre fête populaire joyeuse et bal glauque. D’un assemblage de pratiques apparemment hétéroclite, Platel trouve le fil d’une humanité résistante en lutte pour sa survie. Loin d’une danse élitiste, Platel, avant tout le monde, aura mis en scène la vitalité extrême d’une société paupérisée aux personnages hauts en couleurs et dont la virtuosité ressemble à l’énergie du désespoir. Déjà dans La Tristeza Complice, des éclats de la musique de Henry Purcell (compositeur du XVIIe siècle) surgissaient sur le plateau, et par la suite, la démarche de l’artiste consistera à populariser les musiques les plus savantes, jusqu’à son Requiem de Mozart magistralement reconstruit par Fabrizio Cassol en 2018 et interprété par un groupe de musicien·ne·s des quatre coins du monde.